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La mémoire, un composant négligé...

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Écrit par Pascal Thevenier   
Vendredi, 13 Avril 2001 12:50
Très souvent, l’utilisateur sait ce qu’il veut au niveau du processeur, de la carte graphique, du disque dur, etc. Mais, la mémoire ne fait l’objet d’aucun soit particulier. Un manque d’attention qui peut être la source de nombreux problèmes aussi mystérieux que sournois ou de piètres performances...

De 1 à 256Mo…

Lors de la création de la norme AT, qui a toujours cours pour les ordinateurs actuels, de nombreux paramètres ont été définis. Ainsi, il a été établi que tous les systèmes disposent de 16 interruptions, que les 640 premiers Kilo-octets soient la mémoire conventionnelle, que la zone comprise entre 640ko et 1024ko soit réservée aux fonctions système, que la mémoire située au-delà des 1024ko soit la mémoire étendue, etc. En d’autres mots, l’architecture des PC actuels a été définie à l’époque des 80286 ! Nous n’entrerons pas plus en détails dans ce domaine, qui ne manquera pas de rappeler de bons souvenirs aux plus anciens…
Au début des années 90, les processeurs de type 386 sont équipés de 2Mo pour l’utilisation de Windows 3. Quelques années plus tard, les 486 font leur entrée en scène. Windows arrive dans sa version 3.1 et la quantité moyenne de mémoire passe à 4Mo par la même occasion.
Chaque génération de processeur est associé à un type de mémoire.En 1995, Microsoft propose une évolution radicale de son système d’exploitation. Windows 95 offre enfin le support complet des technologies de l’époque : cartes graphiques PCI, accès DMA des disques dur, prise en charge du bus master, gestion adaptée de la mémoire, etc. Au niveau du matériel, les Pentium à 90 et 100MHz sont des processeurs parfaitement en phase avec le nouveau système d’exploitation. La capacité mémoire double une fois de plus pour atteindre 8Mo. Mais le nouveau système d’exploitation ne délivre sa puissance réelle qu’à partir de 16Mo…
L’année 1998 marque une nouvelle évolution logicielle et matérielle. De nombreuses technologies arrivent sur le marché : Pentium II, AGP, USB, MMX, etc. Microsoft introduit une nouvelle mouture de son OS afin de gérer les dernières innovations. Windows 98 accomplit sa tâche à merveille mais demande au moins 32Mo pour un usage basique mais se montre véritablement à l’aise avec 64Mo.
Le matériel évolue si rapidement que Microsoft doit sortir une version améliorée de Windows 98 un an plus tard : Windows 98 Seconde Edition. Cette nouvelle mouture supporte de nouvelles fonctionnalités. En contrepartie, elle demande à nouveau un peu plus de ressources. Windows 98SE demande au minimum 64Mo et 128Mo pour un usage optimal.
Aujourd’hui Windows Millenium Edition nécessite 128Mo pour une utilisation courante mais 256Mo ne sont pas un luxe superflu pour travailler dans de bonnes conditions.

 

Le rôle de la mémoire

Il est tout à fait légitime de se demander ce qui nécessite une telle augmentation de la capacité mémoire. L’explication se trouve dans le fonctionnement même du système. Les premières machines ne disposaient que de fonctions basiques : clavier et écran. La majorité des applications utilisaient un mode texte (pas d’images, d’icônes, etc.). L’arrivée des systèmes graphiques comme Windows a demandé une carte graphique plus puissante mais aussi un écran de meilleure qualité. Il en résulte plus de données à traiter et un besoin plus grand en capacité mémoire. En effet, la mémoire sert à stocker toutes les données manipulées par le processeur. La généralisation des cartes son, modems, adaptateurs réseau et autres demande la mise en mémoire d’applications nécessaires à la prise en charge de ces fonctions. Parallèlement, les logiciels deviennent de plus en plus complexes au point de nécessiter la présence d’assistants pour la réalisation de certaines tâches.

 

Les types de mémoires

Les premiers modules de mémoire étaient les Simm 8bits à 32 contacts. Ces composants devaient être utilisés par paires sur les 386SX dont le bus fonctionnait en 16bits ou par groupes de quatre modules sur les 386DX et 486 dont la largeur de bus atteignait 32bits. Ces modules utilisés pour atteindre 4Mo datent de l’époque DOS 6 – Windows 3.1.

Ensuite, sont arrivées les Simm à bus 32bits. Elles sont utilisables module par module sur un 486 mais doivent être installées par paires sur le Pentium dont la largeur du bus mémoire est de 64bits. L’utilisation de cette technologie coïncide avec Windows 3.1 et DOS 6.22. La capacité typique est de l’ordre de 8Mo

Avec la généralisation des Pentium, un nouveau format de mémoire a fait son apparition : la Dimm 64bits. Elle utilise la technologie EDO qui permet un échange plus rapide des données. Un module Dimm peut être monté seul. Généralement un ou deux modules de 8Mo sont requis pour atteindre la capacité type de la période Windows 95.

L’augmentation de la fréquence des processeurs a nécessité l’introduction d’un nouveau type de mémoire : la Dimm SDRAM. Cette mémoire travaille aussi rapidement que le bus système, ce qui génère de meilleures performances. Les premiers modules travaillent à 66MHz, puis à 100MHz pour atteindre aujourd'hui 133MHz.

RDRAM PC800 (en bleu), DDRAM PC2100 (centre) et SDRAM PC133 (bas)Type de mémoire Capacité type de la machine:
SDRAM PC66 32Mo
SDRAM PC100 64Mo
SDRAM PC133 128Mo

En 2000, Intel a introduit un nouveau type de mémoire appelée mémoire Rambus et destinée aux Pentium !!!. Mais les faibles performances et le prix exorbitant de ces composants sont les sources d'échec cuisant.

Aujourd’hui, AMD est à la base d’un énième nouveau type de mémoire. La DDRAM est capable de transférer deux fois plus de données que la SDRAM. Cependant, il semble qu’AMD se heurte à un problème comparable à celui rencontré par Intel l’année précédante : faibles gains de performances et prix élevé.

 

Le juste milieu !

Il est à présent temps d’en venir à des considérations beaucoup plus pratiques ! La mémoire est un élément crucial dans la vitesse de traitement des données. Dans de très nombreux cas, ajouter de la mémoire permet de donner un coup de fouet à une configuration poussive. Comme le montre le graphique, une capacité mémoire de 32Mo est bien trop étriquée : le logiciel de mesure Winstone édition 2001 refuse purement et simplement de fonctionner dans ces conditions. Cette constatation montre clairement que 64Mo sont aujourd'hui le strict minimum. De plus le spectaculaire gain de performances au test Winstone 1999 lors du passage de 32 à 64Mo confirme cette thèse.

Si 64Mo sont une capacité honorable, l'idéal est de disposer de 128Mo. Ainsi équipée, la machine de test voit ses performances multipliées par un 1,5 au test Winstone 99 et par 1,2 lors des mesures Winstone 2001.

 

Un remède miracle?

La lecture du paragraphe précédent pourrait laisser croire que la mémoire constitue une solution universelle pour augmenter les performances. Hélas, tel n'est pas le cas. Les performances d'un ordinateur sont toujours limitées par son composant le plus lent. Ainsi passer de 32Mo à 128Mo sur un vieux Pentium 200MHz apportera un gain limité. Le disque dur, par exemple, sera incapable de transférer des données en mémoire aussi rapidement que dans le cadre d'un système récent.

Au niveau des jeux, le constat est comparable. Si un jeu est trop lent, il s'agit très certainement d'un problème de carte graphique. L'ajout de mémoire n'augmente pas la vitesse d'affichage d'un jeu. Elle peut cependant réduire le temps de chargement de manière importante.

 

Ajouter le module

La manipulation est très simple et sans risque d'erreur. En effet, quel que soit le type de module utilisé, un système empêche son installation dans une position incorrecte.


Il suffit de placer le module bien orienté au-dessus de l'emplacement et de presser jusqu'à ce que les loquets viennent verrouiller la barrette. Pour les machines plus anciennes et les portables, il est conseillé de se référer à la documentation. Dans ces deux cas, le module doit généralement être placé avec une inclinaison de 45°. Le verrouillage se fait par rotation. Selon le cas, il faudra amener le module en position verticale ou horizontale.


Mémoire et mémoire

La production en volume très important de la mémoire a fait chuter les prix de manière vertigineuse. Cependant, certains modules sont proposés à un prix bien plus élevé que d'autres. Le prix dépend de la qualité des composants. Les modules de marques utilisent des puces qui ont subi des tests plus poussés. Dans de très nombreux cas, l'emploi du module de bonne facture ne posera pas de problème alors qu'un module trop bon marché générera parfois des problèmes de compatibilité ou des blocages de la machine...
Actuellement, les modules mémoire les plus répandus sont les Dimm SDRAM. Mais attention, ils ne sont pas tous capables des mêmes performances. Les modules PC100 ne peuvent pas fonctionner dans un système fonctionnant à base d'un bus à 133MHz. Par contre, un module conçu pour opérer à 133MHz (PC133) peut être utilisé sur un système à bus 100MHz...
Afin de ne pas perdre de précieuses heures sur un système rendu peu fiable par de la mémoire de moindre qualité, il est judicieux d'investir quelques francs de plus dans un produit de marque ! Il est aussi préférable d'opter pour des modules PC133.

Trucs et astuces

Augmenter les performances
Dans le setup du bios, il est possible de modifier certaines options afin de rendre le système plus rapide. Si votre configuration le permet, voici quelques paramètres à régler :
SDRAM RAS to CAS : 2 (3 par défaut)
SDRAM RAS Precharge time : 2 (3 par défaut)
SDRAM CAS latency Time : 2 (3 par défaut)

Tirer parti du bus mémoire à 133MHz
Certains jeux de composants, comme les chipsets Via ou les Intel i815, permettent d’utiliser la mémoire à une fréquence plus rapide que le bus système. En effet, avec ces composants, vous pouvez utiliser un processeur à bus 100MHz (Pentium !!! E, Duron, Athlon) et de la mémoire à 133MHz. Pour activer cette option, vous devez configurer le bios de la façon suivante :

  • Memory clock : FSB + PCI (par défaut FSB)
  • SDRAM clock : FSB + 33MHz (par défaut FSB)

Utiliser des modules anciens
Inversement, si la mémoire est de type PC66 vous pouvez quand même utiliser un processeur à bus 100MHz (100MHz (Pentium !!! E, Duron, Athlon) avec les jeux de composants Via et i815. Cette façon de procéder est vivement déconseillée car elle bride fortement les performances du système…

  • Memory clock : FSB - PCI (par défaut FSB)
  • SDRAM clock : FSB - 33MHz (par défaut FSB)

Eviter les mélanges !
Dans la théorie, rien n’empêche de mixer des modules à 100 et 133MHz de capacités différentes tant que l’ensemble fonctionne à la vitesse du composant le moins rapide. Dans la pratique, il en est tout autrement ! Ce genre de mélange qui consiste à récupérer un vieux module de 32Mo PC100 pour compléter un module neuf de 256Mo PC133 a peu de sens. Les risques d’instabilité générés par cette combinaison sont plus importants que le faible gain de performance apporté…

Overclocking
Si vous poussez votre système au-delà de ses limites, la mémoire peut perdre les pédales. Un module PC100 utilisé à 133MHz travaille 33% au-dessus de sa fréquence certifiée. Ce tour de force est réalisable par des modules de bonne qualité mais sans aucune garantie… Booster les performances est une opération intéressante mais elle ne doit pas être menée au détriment de la stabilité. De manière générale, voici ce que supportent des modules classiques :

PC66 : jusqu’à 83MHz parfois 100MHz
PC100 : jusqu’à 125MHz parfois 140MHz
PC133 : jusqu‘à 145MHz parfois 155MHz

Attention, aucune règle générale n’existe…

Casse tête
Il arrive que l’ajout de mémoire rende un ordinateur complètement instable… Il est important d’isoler le coupable de vos déboires. Pour y parvenir, il faut utiliser chaque module tour à tour dans chaque banque mémoire. L’opération est parfois longue. Le coupable peut être un module défectueux, une banque mémoire hors service ou capricieuse voire une incompatibilité entre deux modules (fréquent en cas de modules de marques, types et capacités différentes).

 

Conclusion

Pour tirer parti d’un processeur récent et travailler confortablement, il est important de disposer de 128Mo de mémoire. Vu les prix très faibles des modules de mémoire, il est consillé d’équiper le système avec des composants de qualité. Au niveau des caractéristiques, il faut privilégier les modules certifiés PC133. L'ajout de mémoire ne demande aucune connaissance particulière... Si vous travaillez sous Windows 2000 ou Millenium, 256Mo vous offriront un confort optimal.

Mise à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 20:23