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Le P35 Express est le dernier des chipsets Intel pour Core 2 Duo. Par rapport aux générations précédentes, il n’apporte « pas grand-chose » de vraiment nouveau mais il ne manque pas d’intérêt pour autant. Si la présence d’un contrôleur DDR3 en complément de celui destiné à la DDR2 permet de concevoir des cartes gérant les deux standards, c’est surtout le nouveau FSB 1333 MHz et le support des futurs processeurs qui jouent en sa faveur. Autre point fort, la nouvelle finesse de gravure du P35 Express permettrait des overclockings franchement impressionnants. Pour savoir ce que vaut le dernier jeu de composants Intel pour Core 2 Duo, nous avons testé la Gigabyte P35C-DS3R.

Quoi de neuf ?

Au fil des générations i925X, i955X et i975X, les technologies n’ont pas vraiment évolué : PCI-Express, DDR2, HD Audio, Serial ATA et pléthore de ports USB sont au menu. Mais si beaucoup de technologies sont conservées, les fréquences du FSB et du bus mémoire ont grimpé de manière significative. Avec le P965 Express, Intel s’est séparé du contrôleur parallel ATA au profit de six ports SATA, une première coupure avec les anciennes technologies…

Les chipset Intel se composent de deux éléments : un northbridge ou MCH (Memory Controller Hub) et un southbridge ou ICH (I/O Controller Hub ). Le premier se charge de toutes les liaisons hautes performances, celles dont la bande passante se mesure en Go/s et le second s’occupe des périphériques « lents ».

  • Le MCH du P35 Express est gravé en 90 nm contre 130 nm pour le P965 Express. Il profite ainsi d’une dissipation thermique moindre – de l’ordre de 17 watts – soit quelques watts de moins que son prédécesseur. Avec 45 millions de transistors soit l’équivalent d’un Pentium 4, le MCH est un composant complexe. Le contrôleur de DDR2 n’évolue pas par rapport à celui du P965. Il supporte donc selon les spécifications d’Intel au mieux la DDR2-800. A noter que la fréquence mémoire ne peut donc toujours pas être inférieure à celle du FSB. Le P35 se voit adjoindre un second contrôleur destiné à gérer la DDR3 officiellement jusqu’à 1066 MHz. L’avantage du contrôleur DDR3 est d’offrir comme sur l’i975X la possibilité de faire fonctionner la mémoire moins vite que le FSB afin de supporter le FSB 1333 MHz avec la DDR3-1066. Une particularité qui se montre intéressante en overclocking quand les mémoires sont moins coopératives que le processeur. Ne disposant malheureusement pas de DDR3 au moment du test, nous y reviendrons dans un prochain article quand cette mémoire sera plus disponible.
  • L’ICH a beaucoup évolué au cours de ces dernières années. Comme l’ICH8, l’ICH9 reprend six ports SATA AHCI 3 Gbits /s (souvent injustement appelés SATA II) avec dans le cas de la version R le support du Matrix Storage (RAID 0, 1, 5 et 10). Une nouveauté fait cependant son apparition au niveau du RAID. Le Rapid Recovery permet d’avoir un mirroring « à la demande » et non mis à jour en temps réel. L’Intel Turbo Memory est une technologie de cache disque étrennée par les portables Santa Rosa et utilisée par Windows Vista avec son ReadyBoost. L’ICH9 comprend toujours un contrôleur réseau Gigabit Etherner, 4 lignes PCI-Express libres, l’HD-Audio mais profite de deux nouveaux ports USB 2 soit un total de 12 ! Pas de retour en arrière au niveau de l’ancienne interface Parallel ATA, elle n’est plus gérée nativement…

    La liaison entre les deux puces est toujours assurée par un bus DMI offrant une bande passante de 2 Go/s.

    La Gigabyte P35C-DS3R

    La P35C-DS3R est un peu particulière : elle dispose de 4 banques DDR2 et 2 banques DDR3. De quoi évoluer en douceur vers le nouveau type de mémoire en cas de besoin… Compte tenu des tarifs actuels, les banques de DDR3 risquent de ne pas être utilisées avant un certain temps ! Au niveau du layout, la totalité du PCB n’est pas utilisé notamment le coin inférieur droit. Si de manière globale, il n’y a pas grand-chose à reprocher à l’agencement, cet espace inutilisé est bien regrettable quand on remarque que les ports SATA (oranges) se trouvent juste devant l’entrée d’air du ventilateur d’une GeForce 8800 ou d’une Radeon HD 2900 XT. Etant donné la petite taille des connecteurs et la faible largeur des câbles SATA, le problème n’est pas gênant outre mesure. La P35C-DS3R s’inscrit dans le programme «Ultra Durable 2 » de Gigabyte et on retrouve effectivement des capacités métalliques de bonne facture partout sur la carte. Côté fioriture, exit le bundle des versions « Royale » et place à une offre plus réduite mais surtout plus intéressante : une paire de ports eSATA sur un braquet avec un câble spécifiquement adapté pour l’alimentation. Ce système est soigné et pratique pour brancher directement un disque SATA externe. On retrouve également 4 câbles SATA classiques, une nappe PATA et une nappe pour lecteur de disquettes. Décidément, ce dernier enterrera toutes les technologies en persistant tant et plus !

    Installation matérielle

    Rien de spécial à signaler lors du montage de la carte à l’exception du fait qu’il faudra couder les câbles SATA pour éviter qu’ils n’obstruent le ventilateur de la carte graphique. Dès le boot, le logo « S3 » pour Speed, Smart et Safe apparaît. On trouve directement un accès à QFlash, XpressRecovery2 ou encore au choix d’un périphérique de démarrage temporaire. Le BIOS lui-même est très classique. Là encore, il faut cependant signaler un détail irritant au possible : il faut presser CTRL + F1 pour avoir accès au réglage des timings mémoire. Une fois la manipulation réalisée, la P35C-DS3R donne accès à douze paramètres mémoire. Plusieurs tensions sont ajustables manuellement :

  • Mémoire : pas de 0,1 volt, jusqu’à +0,7 volt
  • PCI-Express : pas de 0,1 volt, jusqu’à +0,3 volt
  • FSB : pas de 0,1 volt, jusqu’à +0,3 volt
  • MCH : pas de 0,1 volt, jusqu’à +0,3 volt
  • Processeur : de 0,51250 volt à 2,00000 volt par pas de 0,00625 volt !
  • Parmi les petits détails agréables, les deux ports SATA complémentaires et l’interface PATA pilotés par une puce « Gigabyte SATA 2 » sont gérés de manière totalement transparente. On retrouve directement dix périphériques ATA « sur le même pied » sans avoir à jongler avec un BIOS spécifique propre au contrôleur tiers.

    La partie monitoring est un peu « juste ». Le BIOS surveille 4 ventilateurs avec une régulation thermique seulement sur celui du processeur. Quelques modes sont disponibles mais tous sont automatiques. Impossible de fixer manuellement une température à laquelle le ventilateur accélère. Cependant, le pilotage automatique est très bien adapté. En usage normal, la priorité est donnée au silence. Il faut se lancer dans l’overclocking pour qu’il donne de la voix. Le BIOS surveille également 4 tensions (CPU, DDR, +3,3 volts et +12 volts) en se contentant de reporter OK. Enfin, comme toute carte mère récente, elle peut émettre un avertissement sonore en cas d’arrêt d’un ventilateur.

    Installation logicielle

    Le CD-ROM de pilotes lance un utilitaire qui analyse les composants et propose d’installer tout ou uniquement ce que vous désirez en quelques clics. Une fois la sélection faite, les installations se suivent sans intervention de votre part.

    I-cool est très pratique, il permet de choisir sous Windows un mode de fonctionnement du ventilateur selon le type d’application. Il va jusqu’à l’arrêt complet du ventilateur… Deux bémols cependant : le lancement d’I-cool affiche un message d’erreur et sur les modes silencieux, les performances sont limitées. Est-ce lié au bug de chargement ?

    EasyTune 5 est en quelque sorte le BIOS sous Windows. Il permet l’overclocking, le monitoring mais aussi de définir une température processeur maximale et une minimale assorties d’une vitesse du ventilateur CPU en pourcent. En d’autres mots, il s’agit d’une régulation thermique selon des paramètres personnels. Cette fonction fait un peu double emploi avec I-cool et l’ergonomie est assez mauvaise et le look déplorable. Par exemple, avant de pouvoir baisser une température ou une vitesse, il faut obligatoirement cliquer vers le haut avant de pouvoir cliquer sur le bouton de réduction. En outre, il faut un clic par unité ! Passer de 0 à 100 demande donc 100 clics… Vous avez dit pénible ? Malgré ses défauts, EasyTune 5 fait son travail correctement.

    ETC pour Easy Tune Center centralise le monitoring, donne accès à EasyTune 5 pour certaines fonctionnalités ou à @BIOS pour la mise à jour du BIOS. L’interface est certes très Windows 9x mais tout est simple, rapide, fonctionnel et n’envahit pas l’écran.

    Le dernier logiciel maison est Face_Wizard qui permet de mettre une image de boot personnalisée. Pour clôturer la partie « logicielle », il serait agréable que tous les outils s’installent dans le même groupe de programmes… Tant qu’à signaler des erreurs grosses comme des maisons, le constat est identique chez Asus avec des utilitaires peu ergonomiques et dont les fonctionnalités interfèrent avec plus ou moins de succès. On épinglera au passage Asus Probe II, véritable usine à bugs, qui remplace le bon vieux Asus Probe. La nouvelle version nécessite non seulement un second résident « AAcneter » faute de frappe comprise, consomme plus de mémoire (30 Mo contre 2 Mo), n’est plus capable de faire des logs, s’installe une fois sur deux, n’enregistre pas certains paramètres, engendre un accès aux lecteurs optiques et déclenche des avertissements inutiles sans raison. Notons aussi que le BIOS de la P5W DH Deluxe devient d’une lenteur accablante quand des ventilateurs surveillés tournent à moins de 800 rpm… Question « logiciel et finition des utilitaires, le constat est lamentable chez plus d’un constructeur.


    Le redoutable Asus Probe II !

    Configuration de test

    Notre machine de référence est basée sur un Core 2 Duo, 2 Go de DDR2-800 Corsair en 4/4/4/12, une GeForce 8800 GTX et une Asus P5W DH Deluxe.

    Matériel

  • Asus P5W DH Deluxe
  • Intel Core 2 Duo E6600.
  • Corsair CM2X1024-6400C4 (2 x 1 Go DDR2-800 4-4-4-12)
  • NVIDIA GeForce 8800 GTX 768 Mo
  • Samsung SpinPoint 160 Go SATA-150
  • Dell 2407WFP

    Logiciel

  • Windows XP Pro + SP2
  • ForceWare 158.22
  • CPU MArk
  • Super Pi 1 Mo
  • Cinebench 9.5
  • DVD Shrink
  • 3D Mark 2006
  • Everest Ultimate 2006
  • Test lab 2003
  • Quake 4 haute qualité 1650×1050
  • TrackMania haute qualité 1650×1050

    Performances

    C’était couru d’avance : avec un contrôleur DDR2 inchangé, les écarts de performances sont inexistants et/ou inférieurs aux erreurs de mesure. Tout au plus, on constate une latence mémoire inférieure sur la P5W DH Deluxe grâce à l’hyperpath mais rien qui se reporte sur les tests pratiques. Nous avons donc limité les mesures…

    Overclocking

    Bien plus intéressant que de chercher d’éventuelles différences de performances, nous avons préféré faire joujou avec la P35C-DS3R en overclocking. Notre Core 2 Duo X6800 est un modèle déjà ancien, un des premiers mis sur le marché. Avec la P5W DH Deluxe qui équipe le PC de test, ce processeur n’a jamais atteint un FSB de 400 MHz (~380 Mhz). Avec un autre Core 2 Duo (E6400), le passage à 400 MHz est possible mais au-delà, l’instabilité est totale.
    La P35C-DS3R nous a vraiment enchantés ! Premier excellent point, aucun Clear CMOS nécessaire. Malgré des systèmes comparables sur d’autres cartes mères, nous avons presque toujours été obligés de passer par cette phase. Autre élément important : tout est regroupé dans le menu MIT et pas dispersé comme sur la P5W DH Deluxe. Sans le moindre souci, avec la mémoire synchronisée, nous avons atteint un FSB de 500 MHz de manière très stable et sans toucher aux tensions. Malheureusement, impossible de passer le cap des 500 MHz mais compte tenu du ratio 1 :1 imposé au mieux, il s’agit probablement d’une limite de nos Corsair Twin2X PC6400 C4 réglées en 5/5/5/15 pour l’occasion. Le PC démarrait toujours à 520 MHz mais la moindre activité sous Windows conduisait à un écran bleu avec vidage de la mémoire. De toutes les cartes mères testées, cette P35C-DS3R est celle qui s’est montrée la plus agréable à utiliser.

    Conclusion

    Le P35 Express ne révolutionne pas les chipsets un utilisation normale. Cependant, le support officiel du FSB 1333 MHz et la présence d’un VRM de dernière génération sur les cartes mères assure une évolution en douceur vers les futurs Penryn en 45 nm. Dans l’état actuel des choses, le support de la DDR3 n’est pas d’un grand intérêt. Pour tout utilisateur, le P35 Express se présente donc comme un meilleur choix que le récent P965 Express ou que le bon vieux i975X. Mais c’est surtout en overclocking que le P35 Express est efficace. Atteindre sans encombre 500 MHz est un grand bond par rapport à ce que permet un i975X. Par rapport au P965 Express, le gap est moins grand… mais les autres avantage du P35 Express suffisent à faire pencher la balance en sa faveur d’autant que les prix sont comparables.
    Concernant, la Gigabyte P35C-DS3R, elle nous a franchement plu, surtout pour sa facilité et sa simplicité d’overclocking peu commune. C’est bien la première fois que les tests d’overclocking ne passent pas par au moins un Clear CMOS. Quant à savoir si son potentiel est bon, correct ou moyen, il faudra attendre le test d’une seconde carte. Les deux ports eSATA et les câbles spécifiques fournis surtout celui d’alimentation est un bundle bien plus utile que quelques gadgets sans intérêt. Au chapitre des petits détails, on regrette la disposition des connecteurs SATA : juste devant le ventilateur d’une « grosse carte graphique ». Enfin, côté logiciel, il est certain que ceux qui les conçoivent ne les utilisent et ne les testent pas ! Mais vu que les utilisateurs ne s’en servent généralement pas, est-ce grave ? A vous de voir selon le cas. L’intérêt du support de la DDR2 ou de la DDR3 sur une même carte n’est pas vraiment important à nos yeux. Cependant, le choix de 4 banques de DDR2 et 2 banques de DDR3 est nettement plus judicieux que seulement deux banques de chaque sorte.

    Gigabyte P35C-DS3R : 8,5/10
    Pour :
    facilité d’overclocking, fonctions d’overclocking centralisées, FSB 500 MHz atteint facilement, composants de qualité, 4 banques de DDR2 et 2 DDR3, prix (~140€).
    Contre : Utilitaires à revoir, CTRL + F1 pour accéder aux timings.