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Western Digital VelociRaptor : le meilleur disque dur ?

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Écrit par Pascal Thevenier   
Lundi, 30 Juin 2008 11:47
Western Digital a été le premier constructeur à proposer des disques durs à « 10 000 rpm ». Dès son lancement début 2003, le Raptor 37 Go connaît un très gros succès. Malgré sa capacité limitée, ses performances et sa réactivité en font un disque système idéal. Western Digital ne se repose pas sur ses lauriers et commercialise le Raptor 74 Go fin 2003. Sa capacité beaucoup plus confortable aidant, le disque devient rapidement très populaire malgré un prix de lancement fort élevé. Alors que la concurrence n’a toujours rien à opposer, Western Digital lance le Raptor 150 Go en janvier 2006. Le constructeur apporte quelques améliorations : interface SATA native, support du NCQ et 16 Mo de cache. Dans la foulée, les modèles de 74 Go et 37 Go seront mis à jour pour bénéficier des mêmes avancées. Deux ans plus tard, Western Digital fait à nouveau la une avec cette fois le Velociraptor !

La bonne idée…

Depuis que les disques durs 3 ½ pouces 7200 rpm se sont généralisés, le marché des disques durs est devenu d’une morosité exaspérante. Exception faite d’une lente progression de la capacité et d’une légère évolution des performances, il ne se passait strictement rien d’intéressant jusqu’à ce que Western Digital annonce le Raptor de 37 Go en 2003. Le constructeur profite de l’arrivée du Serial ATA pour lancer le premier disque grand public avec une vitesse de rotation de 10 000 rpm. Certes, ses 37 Go sont un peu légers déjà à l’époque mais le gain de performances est significatif.

Western Digital n’a jamais eu de concurrents au cours de l’évolution de son Raptor. Le constructeur a même rapidement marqué son avance en proposant une version 74 Go l’année même du lancement du Raptor 37 Go. Ces deux disques ont beaucoup de points communs. Et s’ils exploitent l’interface SATA, ils font l’impasse sur le NCQ par exemple. Ce n’est qu’en 2006 avec la version 150 Go (Raptor EL150) que Western Digital fait une mise à jour technologique plus importante. L’interface est alors nativement en SATA, le NCQ est pris en charge et le cache passe de 8 à 16 Mo. Dans la foulée, Western Digital met les Raptor 37 Go et 74 Go à niveau…
Curieusement, aucun concurrent de Western Digital n’est venu se frotter aux Raptor. Pourtant, ils pourraient eux aussi utiliser une mécanique d’origine SCSI et l’adapter à ce marché. Compte tenu des impératifs de rentabilités et les marges nettement plus importantes sur les disques SCSI et SAS, on peut aussi comprendre leur choix. Quoi qu’il en soit, Western Digital reste le seul constructeur à nous proposer des disques « 10 000 rpm ».


Alors cette suite ?


C’est en substance la question qui commençait à émerger un peu partout dès qu’il était question de disques durs. Même si le dernier Raptor 150 Go donne toujours satisfaction au plus grand nombre, il reste limité à l’interface SATA et les gros disques durs de 750 Go et 1 To commencent à lui faire de l’ombre. Malgré l’absence de concurrence, Western Digital a une nouvelle fois relevé le gant. Cette fois, il ne s’agit pas d’une énième évolution du Raptor originel. Pour bien marquer la séparation, Western Digital a d’ailleurs changé l’appellation du disque en passant de Raptor à Velociraptor.


Western Digital VelociRaptor VR150

Une fois de plus, Western Digital double la capacité de stockage. Le Velociraptor haut de gamme offre ainsi un espace généreux de 300 Go. Côté fonctionnalité, il reçoit un nouveau contrôleur SATA 3 Gb/s. Au niveau physique, le VelociRaptor est une petite révolution ! Les disques sont intégrés dans un carter au format 2 ½ pouces – comme un disque dur de portable – qui se fixe dans un grand radiateur au format 3 ½ pouces. Appelé IcePack, il permet de dissiper la chaleur des plateaux en rotation. Aidé par la plus petite taille de ses plateaux, cette conception permet au Velociraptor de rester très « cool ». En effet, au repos et sans le moindre flux d’air sur l’IcePack, la température interne n’est que de 38°C. A titre comparatif, le Raptor 150 Go est à 50°C dans les mêmes conditions. En charge, le Velociraptor n’a jamais dépassé 41°C, toujours sans aucune ventilation active ! Selon les documents de Western Digital, l’IcePack permet d’abaisser la température en moyenne de 7°C. Nos mesures ont révélé des températures comprises entre 38 et 41°C sur le Velociraptor contre 41°C à 46°C sur le Raptor 150 Go.


La conception du Velociraptor présente un avantage non négligeable : la partie sensible est protégée. En effet, l’électronique qui se trouve au dos du disque 2 ½ pouces est bien protégée par l’IcePack et totalement inaccessible. Western Digital annonce une garantie de 5 ans et un MTBF (Mean Time Between Failures) soit une « durée de vie » de 1,4 Millions d’heures. Au niveau des nuisances, le Velociraptor est annoncé à 29 dB(A) au repos et 36 dB(A) en activité. En pratique, ce disque est particulièrement silencieux surtout au repos où il tend vers l’inaudible. En action, il semble un peu plus bruyant que son prédécesseur mais le bruit qu’il émet est bien plus agréable. A noter que dans une tour de piètre qualité, c'est-à-dire où le disque est fixé au châssis sans système d’amortissement des vibrations, le Velociraptor prend l’avantage en raison de la plus petite taille des pièces mobiles. Enfin, dans notre PC de test qui est une référence au niveau sonore, il est absolument silencieux ! Un véritable régal…





Configuration de test

Nous avons testé les disques sur une carte mère Asus P5Q Pro à base d’Intel P45. L’ICH10R a été configuré en AHCI et les disques ont été configurés en SATA 3 Gb/s si besoin (retrait du jump).

Matériel
  • Asus P5Q Deluxe
  • Core 2 Extreme QX9650
  • Corsair XMS3-1600 Dominator CL9 @ 1333 MHz CL7
  • MSI GeForce 8800 GTS 512 Mo
  • Western Digital Velociraptor 300 Go WD3000GLFS-01F8U0, Western Digital Raptor 150 Go WD1500ADFD-00NLR, Western Digital Caviar 500 Go WD5000AAKS, Maxtor DiamondMax 22 1 To STM31000340AS MX15, Seagate Barracuda 7200.11 500 Go STM3500320AS.
  • Dell 2407WFP
  • Noctua NU-U12P
  • Lian Li PC-B20B

    Logiciel
  • Windows XP SP3
  • HD Tach
  • PC Mark 2005


    Tests théoriques

  • Western Digital Raptor WDC WD15000ADFD-00NLR1

  • Western Digital VelociRaptor WDC WD3000GLFS-01F8U

  • Maxtor DiamondMax 22 STM31000340AS MX15

    HD Tach permet de tester le disque en lecture et en écriture séquentielle. Le VelociRaptor impressionne avec des moyennes supérieures à 100 Mo/s dans les deux cas. En comparaison avec le Raptor, la vitesse d’écriture du VelociRaptor progresse de 53% et la vitesse de lecture de 35% ! Le temps d’accès diminue également par rapport au dernier Raptor et passe de 7,9 ms à 7,0 ms. Les tests de débit en mode burst montrent que le VelociRaptor profite de l’interface SATA 3 Gb/s qui faisait défaut au modèle précédent. Le Maxtor DiamondMax 22 de 1 To que nous testons pour la première fois est lui aussi assez impressionnant : 12,7 ms de temps d’accès pour ~91 Mo/s en lecture comme en écriture.


    Tests pratiques


    Le VelociRaptor est une nouvelle fois largement au dessus de la concurrence. Avec 19,1 Mo/s au test XP Startup, il est 73% plus rapide que la moyenne des disques repris dans ce comparatif. Le VelociRaptor est aussi 50% plus rapide que la moyenne lors du chargement des applications et 43% en utilisation générale. Si le Raptor de 150 Go est aujourd’hui réduit au niveau de la concurrence, Western Digital montre une nouvelle fois sa suprématie par rapport à la concurrence avec son VelociRaptor.


    Lors de simulation du travail d’un antivirus, le VelociRator se retrouve en troisième place derrière les Seagate et Maxtor de dernière génération. Au cours du test d’écriture, le VelociRaptor confirme les excellentes performances déjà relevées dans HD Tach.


    Test pratique « maison »


    Nous mesurons le temps nécessaire à la copie d’un dossier de 5 Go qui comprend des fichiers divers allant d’une centaine de Ko à un peu plus de 1 Go d’une partition à l’autre. Le VelociRaptor s’attribue encore la première place avec moins de 150 secondes pour le transfert. Ses excellentes performances en écriture contribuent bien entendu à cette première place.


    Nuisances

    Les températures relevées au repos et en charge ne sont pas vraiment inquiétantes. Il est loin le temps des disques durs qui chauffaient de manière scandaleuse. Par rapport au Raptor, le VelociRaptor affiche une dizaine de degrés de moins. L’IcePack est réellement efficace.


    Sur le plan sonore, c’est également excellent. Cependant, il faut mettre le sonomètre à quelques centimètres des disques pour les départager, ce qui n’a que peu d’intérêt pour ne pas dire aucun. En pratique, montés dans un boîtier avec des patins en caoutchouc (comme notre Lian Li B20B), le VelociRaptor, le Barracuda 7200.11 et le DiamondMax 22 sont totalement inaudibles car couverts par le bruit ambiant de la machine. Le VelociRaptor est nettement plus discret que son prédécesseur. Attention, si vous montez un disque 10 000 rpm sans système antivibratoire, le bruit est nettement amplifié par le châssis. De manière globale, les disques récents sont particulièrement silencieux en comparaison avec les modèles plus anciens âgés de 3 ans ou plus. Pour les fans de silence, le remplacement d'un Raptor par un VelociRaptor sera une opération "bénéfique". Le sonomètre est placé à 15 cm sur le côté gauche du boîtieret centré (mi-hauteur et mi-profondeur), le panneau latéral est démonté...


    Le bruit des disques récents montés sur supports anti vibratoires
    est couvert par le "bruit" une machine très silencieuse.

    Conclusion

    Une fois de plus, Western Digital fixe de nouveaux jalons dans les performances des disques durs. Le VelociRaptor est nettement plus rapide que son prédécesseur qui commençait à être rattrapé par les plus gros modèles concurrents. Mais ce n’est pas tout, le VelociRaptor fait aussi moins de bruit et chauffe moins ! Après de premières livraisons un peu tendues, le disque est à présent facilement disponible à un prix de lancement inférieur à celui du Raptor de 150 Go (lors du lancement). Si les performances sont de premier plan, le prix au Go fait peur : 260 € pour 300 Go soit 0,86 €/Go. Dans le cas du DiamondMax 22, il n’est que de 0,13 €/Go, 6,66x moins ! A titre indicatif, le prix au Go dépasse les 10 € voire 15 € avec un SSD... Comme tous ses prédécesseurs, le VelociRaptor pèche donc par son prix au Go mais cette fois, c’est son seul défaut !

    Western Digital VelociRaptor 300 Go : 9/10

    Pour : performances, capacité, silence, IcePack : protection et température faible
    Contre : prix par Go.
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